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    FALAMIAH, LA DESTRUCTION D’UN REVE OU COMMENT LE MUR A MIS FIN AU DEVELOPPEMENT

Alors que des millions, des milliards d’euros sont investis dans les programmes de développement en Palestine, on s’interroge parfois sur les raisons qui font que les territoires comptent toujours plus de 2,2 millions de Palestiniens vivent avec moins de 2$ par jour (source : Banque Mondiale 2004). Bien sûr on peut mettre en cause les profonds problèmes structurels de la société palestinienne qui font que l’aide peine parfois à atteindre les bénéficiaires et le manque de démocratie qui rend parfois l’attribution des projets tributaire de relations claniques. Mais de nombreux exemples montrent comment l’occupation et plus récemment la construction du mur, peuvent affecter le développement, voir anéantir des projets pourtant financés et soutenus par des bailleurs internationaux.

L’exemple de l’aéroport de Gaza XE "Gaza"  inauguré en 1998 grâce à un investissement massif de la communauté internationale pour un montant de 50 millions de dollars¹, fermé depuis 2000 et détruit durant la seconde Intifada XE "Intifada" , en décembre 2001, a montré la fragilité des projets de développement face à la logique militaire et sécuritaire israélienne. Mais de nombreux projets de développement local sont aussi mis à mal par le conflit. L’exemple de Falamiah est à ce titre frappant.

  • Falamiah avant : un village aux multiples atouts

Le village de Falamiah est situé entre les villes de Qalqilyia et de Tulkarem, mais appartient au district administratif de Qalqilyia. Le village est situé sur la ligne verte, c’est-à-dire la frontière internationalement reconnue de 1967. Le village de Falamiah cumulait plusieurs atouts : une ressource en eau disponible qui ne demandait plus qu’à être correctement exploitée, une proximité des principaux marchés pour la vente des produits (Qalqilyia et Tulkarem, mais aussi Israël). La terre du village était très fertile ce qui permettait une production importante d’olives et d’oranges. La renommée des produits de Falamiah dépassait les frontières, puisque les oranges étaient exportées jusqu’en Jordanie.

  • Un projet de développement intégré pour dynamiser le village

En juin 1989, lors de la rencontre entre Monsieur Henri NALLET, Ministre de l’Agriculture français, et Monsieur Ibrahim SOUSS, Représentant de l’OLP en France, le souhait de la mise en place d’un appui de la part de la France à l’agriculture palestinienne avait été exprimé. De 1990 à 1991, des missions d’identification avaient été réalisées afin de diagnostiquer les besoins de coopération et les interlocuteurs palestiniens. Le projet était né de cette volonté de collaboration entre les autorités françaises et les acteurs locaux du développement agricole palestinien. Suite à une longue période de réflexion, notamment pour trouver les acteurs palestiniens, la décision fut prise de monter un programme de développement intégré dans le village de Falamiah. Le projet s’est étalé de 1993 (avec les premières missions sur le terrain) à 1997 (date de l’inauguration).

L’objectif de ce projet était de renforcer la dynamique sociale et économique locale alors à l’œuvre en Palestine et spécifiquement dans le village de Falamiah. Par ce biais, le projet entendait favoriser le retour de la population vers des régions agricoles. Le projet visait un développement local intégré, confortant la politique de mise en valeur des terres et l’appui à la gouvernance locale. Il s’agissait de dynamiser un territoire à fort potentiel.

Ce sont 800 000€ (5millions de francs de l’époque) qui ont été investis dans ce projet par le Ministère Français de l’Agriculture et de la Pêche. Les différentes composantes (aménagement du territoire, gestion de la ressource hydraulique, valorisation des terres, agriculture durable, promotion de la femme) entendant participer à un développement rural intégré, prenant en compte les différents aspects du développement : économique, social, environnemental… D’importantes réalisations ont vu le jour, notamment dans le domaine de l’irrigation où deux réservoirs et une station de pompage ont été mis en place pour permettre une meilleure exploitation des puits artésiens présents dans le village. 150km² de terres ont été mis en valeur ce qui a permis leur exploitation (déplacement de roches, terrassement…) agricole et ainsi le développement de nouvelles cultures, notamment de cultures maraîchères sous serres. Au niveau des femmes, un bâtiment a été construit pour accueillir une association de femmes qui a également mis en place des projets avec le soutien financier du projet (couture, culture de plantes aromatiques biologiques…).

Le projet était globalement considéré comme un succès lors de son inauguration en 1997 par les autorités françaises dont le représentant affirmait espérer que « mille Falamiah fleurissent sur le territoire palestinien » et ce malgré des problèmes institutionnels locaux qui affectaient parfois le bon déroulement du projet.

L’évaluation de 1997, confirmée par celle de 2005, montrait en effet que ce projet avait un impact positif sur le développement du village. En effet l’activité agricole était en pleine expansion ce qui avait permis l’arrivée de nouvelles familles dans le village, venue suite à la création d’emplois dans le secteur agricole. L’irrigation des terres avait permis une amélioration de la productivité des terres.

  • La réalité de la construction du Mur à Falamiah

La construction du mur a débuté en septembre 2002 dans le village de Falamiah situé sur la Ligne Verte. Le Mur prend ici la forme d’un dispositif de métal, avec des barbelés, un dispositif de contrôle, des fossés, le tout sur une largeur de 50 à 100m. Le tracé du Mur n’épouse pas celui de la Ligne Verte et correspond donc à une annexion des terres et des ressources du peuple palestinien. Ce sont des centaines d’hectares du village qui ont été confisqués, avec eux des puits artésiens, des arbres fruitiers et des oliviers. Selon les chiffres du Consulat Général de France de Jérusalemce sont 170ha de terres qui ont été perdus dans ce village car se retrouvant dans la zone fermée.

Une porte a été installée par les autorités israéliennes pour permettre le passage des agriculteurs vers leurs terres. L’entrée reste conditionnée à la présentation d’un permis qui est obtenu après une procédure devant la DCO qui nécessite d’avoir un certificat de propriété des terres. Le permis peut être refusé, notamment lorsqu’un membre de la famille est ou a été en prison (ce qui est le cas pour un nombre important de personnes arrêtées lors de la première Intifada pour avoir jeté des pierres sur les soldats israéliens). Les ouvriers agricoles, autrefois nombreux dans le village, sont massivement partis puisqu’ils ne trouvaient plus de travail dans le village, l’essentiel des terres étant dans une zone qui leur est interdite.

En outre les horaires d’ouverture de cette porte sont difficilement compatibles avec le travail agricole. La porte est ouverte de 6h30 à 8h00, de 12h30 à 13h30 et de 16h à 17h30, mais l’ouverture reste conditionnée à la volonté des soldats, ce qui entraîne souvent l’attente devant la porte pendant de longues minutes, voir des heures. Parfois la porte reste inexorablement fermée comme lors de la période de Pessah³ en 2005 qui empêcha les agriculteurs de procéder à la récolte, ce qui entraîna une mauvaise vente, notamment des concombres devenus trop gros pour le calibre du marché local. Il est également impossible d’entrer avec un tracteur agricole sur les terres car cela nécessite une autorisation spéciale qui ne peut être obtenue qu’avec des certificats qui ne sont délivrés que pour des tracteurs récents (alors que le parc de Falamiah a une moyenne d’âge de 20 ans). Cela réduit considérablement les possibilités de mise en valeur de ces terres.

L’occupation israélienne affecte également Falamiah dans ses relations avec le reste de la Cisjordanie. En effet suite au déclenchement de la seconde Intifada, de nombreux barrages ont été mis en place sur les routes, ainsi qu’aux abords des villes. Aux périodes les plus vives du conflit, les villes ont été totalement bouclées, fermant tout accès aux places commerciales. C’est donc principalement la liberté de mouvement et la sécurité des biens et des personnes qui ont été affectées par le renforcement de l’occupation. Dans le même temps la construction du mur a augmenté les temps de trajet, et là où il fallait autrefois 15 minutes pour rejoindre Qalqilyia depuis Falamiah, cela prend aujourd’hui 45 minutes dans le meilleur cas, et des heures en cas de contrôle aux check-points.

Le village n’a pas subi d’invasion de l’armée israélienne, pourtant il arrive que les troupes viennent « en reconnaissance » dans le village, provoquant la crainte des habitants. Ce fut notamment le cas lors de notre visite du 20 juillet 2005.

  • Un Mur entre les hommes et le développement

Cette photo montre l’impact des travaux de préparation de construction du Mur à Falamiah

 

La construction du mur a isolé l’essentiel des infrastructures d’irrigation mises en place dans le cadre du projet du Ministère français, notamment les puits qui servaient à l’approvisionnement de ce réseau, la station de pompage, les réservoirs… Ce sont donc des investissements de 1,5million de francs (environ 228 600€) qui sont rendus inutilisables par le Mur.

Le Consulat Général de France de Jérusalem et l’Ambassade de France de Tel Aviv ont fait des démarches auprès des autorités israéliennes pour qu’elles rendent l’accès à ces réseaux disponibles, ce à quoi elles se sont engagées, notamment par la promesse d’enfouissement des canaux d’irrigation. Mais l’interdiction d’entrée opposée par les soldats aux personnes chargées de la maintenance des puits rend inutilisable les infrastructures. En effet, suite à un acte malveillant – dont l’origine (israélienne ou palestinienne) reste inconnue – les puits chargés d’alimenter le réseau d’irrigation ont été endommagés et leur remise en service nécessite d’importants travaux de maintenance. Par conséquent, les terres situées à l’intérieur du mur ont cessé d’être irriguées, ce qui a provoqué le quasi arrêt de la production d’orange. 78 dunums étaient cultivés en oranges avant l’Intifada XE "Intifada" , produisant approximativement 164 tonnes de fruits. Aujourd’hui seuls 26 dunums sont plantés en oranges pour seulement 30 tonnes de fruits qui sont vendus sur le marché local. Cette baisse de rendement à l’hectare s’explique par l’absence d’irrigation et l’impossibilité de travailler la terre (à cause de l’absence de tracteur).

De la même manière on peut constater une baisse de dynamisme des femmes XE "femmes" . Aujourd’hui alors que les femmes placent les problèmes financiers parmi leurs premières préoccupations, elles n’ont pas engagé de procédure pour demander de l’aide afin de remettre ce séchoir (pour plantes aromatiques) en fonctionnement. De la même manière, l’activité de couture mise en place par le projet a pris fin faute d’électricité. Lors du montage de projet l’association avait affirmé qu’elle chercherait des fonds pour assurer l’approvisionnement en électricité de cet atelier. Ce manque d’initiative de la part des femmes révèle l’impact psychologique du conflit. Cette inertie est d’autant plus notable que lors du rapport d’évaluation de 1997, le projet de femmes était décrit comme moteur et comme une réussite

L’impact du Mur et de l’occupation est important tant en terme de baisse de revenu qu’en terme de baisse du dynamisme de la population. Ces deux phénomènes comportent un risque important pour le village en terme d’exode rural et d’augmentation de la pauvreté et de la dépendance.

Le diagnostic de la situation agricole de Falamiah XE "Falamiah"  révèle une hausse importante du prix des intrants agricoles. On constate en effet une hausse de 10 à 20% du prix des produits chimiques – fertilisants et pesticides – utilisés dans l’agriculture entre la période pré Intifada XE "Intifada"  et la situation actuelle. Cette augmentation est causée par les difficultés de transport de ces produits qui viennent majoritairement d’Israël XE "Israël"  et de Jordanie XE "Jordanie" . De la même manière, le prix de l’irrigation XE "irrigation"  a massivement augmenté passant d’une moyenne de 40 à 70agarots par heure durant la même période. Cette augmentation est causée par la diminution des ressources en eau XE "eau"  à cause de l’impossible exploitation des puits à l’intérieur du Mur XE "Mur" . Interrogés sur le principal problème concernant les ressources hydrauliques, une large majorité dénonce le prix élevé de l’eau comme frein à la production.

Les restrictions de liberté de mouvement XE "liberté de mouvement"  ont également provoqué une augmentation du coût de transport. En effet auparavant les agriculteurs de Falamiah XE "Falamiah"  vendaient leurs produits sur place à des négociants israéliens ou aux habitants des villages israéliens voisins. Aujourd’hui ils doivent payer 2NIS par cagette pour le transport.

Ces différentes augmentations dans les prix des intrants provoquent une baisse évidente de la rentabilité XE "rentabilité"  car dans le même temps les prix agricoles n’ont pas cessé de chuter, plus de 35% selon l’enquête. Interrogé sur la rentabilité de sa production Basam Ahmad Hahsem Thayr affirmait que le jour même il avait vendu une cagette de concombre (15kg environ) pour 5NIS. Sur ces 5NIS il comptait environ 2NIS pour l’eau XE "eau" , 1NIS pour les produits chimiques et 2NIS pour le transport. Il ajoutait : « At least I didn’t lose money » ce qui traduit la situation actuelle. En effet durant la période estivale les prix sont très bas, ce qui ne permet pas d’atteindre la rentabilité des investissements XE "investissements" . La faiblesse des prix agricoles peut être en partie expliquée par l’arrivée massive sur les marchés palestiniens de surplus israéliens largement subventionnés qui provoquent une baisse massive des prix.

  • Un mur dans les esprits ou l’impact psychologique du mur

La situation actuelle entraîne un laisser-aller et une baisse d’initiative dans le domaine économique et social. Dans le domaine agricole les répercussions sont importantes. On trouve plusieurs personnes qui, à cause de la baisse de la rentabilité XE "rentabilité"  et à cause de l’instabilité politique, ont arrêté toute initiative, considérée en ces temps difficiles comme prise de risque. Par exemple Suhial Ahaed Hassan Abu Thayr a décidé suite à l’Intifada XE "Intifada"  de stopper sa production de poulets – alors qu’il disposait d’infrastructures pour cela – considérant que la rentabilité n’était pas suffisante6 et que dans les circonstances de l’Intifada il valait mieux ne pas prendre de risque pouvant hypothéquer le bien-être de sa famille.

De la même manière, 20% des personnes interrogées ont déclaré avoir intentionnellement réduit les surfaces cultivées, ou ne produire que pendant l’hiver – où les prix de vente sont plus élevés. Cette décision résulte du peu de perspective de profit dont disposent ces paysans qui préfèrent donc ne pas prendre le risque d’investir dans des inputs agricoles dans l’hypothèse de ne pas récolter les fruits de cet argent.

La baisse constatée des investissements XE "investissements"  hypothèque la durabilité de l’agriculture et sa rentabilité XE "rentabilité" . En effet cette activité devient de plus en plus une activité de subsistance pour assurer la sécurité alimentaire de la famille, plus qu’un vrai travail dans lequel on investirait du temps et de l’argent pour le rendre prospère. En outre, comme dans toute période de crise, les personnes s’abstiennent de tout risque. Dans le domaine agricole cela se traduit également par une concentration autour de cultures « faciles » (tomates, concombres) demandant moins de soin et moins soumises à certaines maladies ou insectes (contrairement par exemple aux aubergines, salades plus menacées par les insectes). Au niveau du village cela se traduit par des monocultures qui, outre le fait qu’elles épuisent le sol, interviennent sur un marché saturé et donc trouvent des prix très bas.

Ce manque de motivation se traduit par une tendance à l’inactivité croissante. Ainsi 50% des femmes XE "femmes"  dénoncent l’inactivité des hommes comme un de leur principal problème, qu’il s’agisse de leur mari ou de leurs fils. Les hommes ont en effet tendance à rester à la maison au lieu de partir au champ ou au travail puisque la rentabilité de leur travail n’est pas assurée. Cette présence masculine permanente au foyer constitue une restriction de la liberté des femmes pour lesquelles la maison était auparavant le lieu de leur domination.

Cette baisse de motivation qui hypothèque les chances d’un futur développement XE "développement"  économique et social en installant une inertie dans le village, risque aussi à long terme de provoquer la perte des forces vives du village. En effet on peut noter que si les agriculteurs installés – et plus généralement les personnes âgées de plus de 30 ans – affirment ne pas vouloir quitter leurs terres, les jeunes désertent le village. 40% des familles interrogées ont au moins un enfant à l’étranger – majoritairement dans les pays arabes, bien que certains soient en Europe. Les personnes de la jeune génération rencontrées déclarent toutes vouloir étudier à l’étranger, même si seulement 30% d’entre eux l’envisagent sérieusement – compte tenu de leurs moyens financiers et de leurs résultats scolaires.

Les parents affirment vouloir donner une bonne éducation à leurs enfants, ce qui signifie pour la plupart d’entre eux des sacrifices financiers importants pour envoyer les enfants à l’école. Face au manque de perspectives économiques et politiques en Palestine XE "Palestine" , les familles investissent largement dans l’éducation. Ainsi – sans compter les coûts de transport pour se rendre dans les établissements d’enseignement – le coût moyen par famille pour l’éducation des enfants – tous niveaux confondus – est de 460NIS par mois contre un revenu moyen par famille de 1500NIS. C’est donc un tiers du revenu qui est consacré à l’éducation. Dans le cas des familles envoyant un enfant à l’université, on assiste parfois à un endettement important vis-à-vis de relatifs – vivant souvent dans les pays du Golfe.

Lorsqu’ils parlent de ces sacrifices financiers, les habitants de Falamiah XE "Falamiah"  déclarent qu’il s’agit de la seule manière de donner un futur à leurs enfants. Tous envisagent le départ de ces diplômés pour l’étranger afin de trouver un travail. En effet, le principal problème énoncé par les femmes XE "femmes" , en ce qui concerne la situation générale actuelle, est le chômage et notamment le chômage des jeunes. Malgré leur attachement à la terre, les anciens encouragent les jeunes à quitter le village afin de trouver un emploi – soit à la ville (ce qui signifie généralement Ramallah, et notamment les emplois dans les services publics XE "services publics" ), soit à l’étranger (dans les pays du Golfe ou en Europe). Ils sont concernés par l’intérêt des enfants qui seront ainsi à même de fonder une famille, mais aussi par leur propre intérêt puisque les enfants seront à même d’envoyer de l’argent à la famille restée en Palestine XE "Palestine" . 

  • Falamiah après : un village menacé

Le risque est donc important pour le village de perdre ses jeunes. D’ors et déjà on a assiste à une légère baisse de la population qui dans les cinq dernières années est passée de plus de 750 personnes à environ 600 personnes aujourd’hui. Le risque à long terme est de voir le village se vider de ses jeunes et à terme de sa population. Ceci fait partie de la politique israélienne qui vise à vider les zones proches des colonies de leurs habitants afin de pouvoir pratiquer l’extension de celles-ci. Le second risque – qui est déjà latent – est l’augmentation de la dépendance XE "dépendance"  du village vis-à-vis de l’extérieur et de ses habitants partis à la ville ou à l’étranger.

La baisse d’attractivité du village ne s’exprime pas uniquement auprès des jeunes. Elle agit également auprès des travailleurs agricoles. Durant la période de prospérité du village, avant la seconde Intifada XE "Intifada"  et notamment pendant le déroulement du projet français, des familles sont venues s’installer à Falamiah XE "Falamiah"  afin de devenir ouvrier agricole. C’est notamment le cas de la famille de Kamel Abid Ali Amil Al'Shafieh, ancien réfugié du camp de Balata, près de Naplouse, qui est venu s’installer à Falamiah pour travailler dans les serres il y a 11 ans. Kamel était le gardien du puit français, et ses frères travaillaient dans les villages israéliens voisins ou dans les serres du village. Cette famille de 53 personnes a aujourd’hui des difficultés financières importantes et commence à prospecter dans les environs pour trouver un autre emploi. Toutefois ils déclarent ne pas vouloir quitter le village, car tous leurs biens (une maison et un abri pour les bêtes) sont là-bas. Depuis la construction du Mur XE "Mur" , l’afflux de familles venues en quête de travail – soit pour le travail agricole dans le village de Falamiah, soit pour le travail dans les villages israéliens voisins – a été interrompu, et il est à craindre que certaines familles, privées de revenus fixes ne se décident à partir.

  • Quelle solution pour Falamiah ?

Il s’agit aujourd’hui de relancer une activité productrice dans le village de Falamiah, notamment par le soutien à des activités qui ont subi des problèmes techniques ou directement les effets de l’Intifada qui a empêché l’accès à certains intrants nécessaires. Par exemple, le secteur apicole nécessite une aide d’urgence afin de relancer le projet, puisque de sont une dizaine de personnes qui ont été formées pour cette activité et qui n’ont plus aujourd’hui les moyens d’acheter des ruches pour remplacer celles qui sont mortes de maladies. De la même manière le projet de femmes a besoin d’un soutien financier et moral pour continuer ses activités (aujourd’hui une crèche et une clinique ont été mises en place).

Enfin la principale solution aux problèmes de Falamiah est la destruction du Mur qui annexe les terres les plus fertiles et les ressources en eau. Ce n’est qu’avec la fin de ce mur que les habitants de Falamiah, et particulièrement les agriculteurs pourront atteindre le développement.

Pour toutes demandes de renseignements veuillez contacter Mouna, la présidente de l’association de femmes au : +972 5 25 43 60 57 ou Delphine Thizy

 


[1] Le montant des réparations s’élève à 16 millions de dollars qui seront financés par l’Union Européenne et l’Arabie Saoudite.

[2] Source : télégrammes diplomatiques du CGFJ

[3] Fête de la Pâque juive. 

[4] Cette variation dépend des produits utilisés. Les produits de haute qualité ont généralement connus une hausse moindre que les produits de basse qualité. 

[5] Un des habitants de Falamiah rassemble toutes les productions du village pour aller les vendre aux marchés voisins  

[6] La baisse de la rentabilité résulte de l’augmentation du prix des inputs et à la baisse du prix des poulets suite à l’afflux de poulets israéliens